Mon histoire : de la pâtisserie aux savons faits à la main
- Julien & vos savons
- il y a 2 jours
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Avant de me lancer à mon compte, j'ai travaillé une quinzaine d'années dans la pâtisserie et la boulangerie, en passant par différents univers : l'artisanat, l'agro-alimentaire, la grande distribution. Des métiers exigeants, qui m'ont beaucoup appris, mais qui ne me ressemblaient plus tout à fait.
Le déclic est venu d'un moment tout simple. En vacances dans le sud de la France, j'ai acheté une dizaine de savons à 2€ dans une boutique. J'étais ravi de ma trouvaille... jusqu'à ce que je commence à me demander comment ces savons étaient vraiment fabriqués. En creusant un peu, j'ai découvert qu'il s'agissait de bondillon : une base de savon produite en masse, industriellement, puis simplement reparfumée et remise en forme. Rien à voir avec un savon réellement façonné à la main.
C'est cette découverte qui a tout déclenché. J'ai fabriqué mon premier savon... et je n'ai plus arrêté. Pendant deux mois, j'ai testé une quarantaine de recettes différentes, changeant les huiles, les proportions, les méthodes, pour comprendre et maîtriser ce savoir-faire.
Avant de pouvoir vendre le moindre savon, il a fallu passer par une formation sur la réglementation cosmétique et les obligations liées à la vente de produits cosmétiques. Une étape essentielle, souvent invisible pour le client, mais indispensable pour proposer des produits sûrs et conformes.
Aujourd'hui, une journée type à l'atelier dépend de s'il s'agit de fabrication ou d'emballage. Pour une fabrication, la lessive de soude est pesée la veille pour qu'elle refroidisse pendant la nuit. Le matin, je pèse mes matières premières et je prépare les moules. Puis, en début d'après-midi, je coule les 26 kilos de pâte à savon. Chaque étape a son rythme, et rien ne peut être précipité.
Ce que je préfère dans ce métier, c'est la création : penser, réfléchir, se documenter sur un nouveau produit. Entre les essais et les changements de matières premières, cela peut prendre un à deux ans avant qu'une recette me satisfasse pleinement. Ce qui est le plus dur, en revanche, c'est de lutter contre des marques qui ne fabriquent rien elles-mêmes et qui misent uniquement sur le marketing.
Si je devais résumer pourquoi je fais ce métier : je veux montrer qu'en artisanat, on peut créer des produits réellement performants. Ma vision, c'est de revenir aux bases, en n'utilisant que des matières premières non transformées. Pas besoin d'être une grande marque connue qui, en plus de vous vendre un produit, vous vend surtout du marketing. Ce que je veux, c'est que mes clients voient, tout simplement, que ça fonctionne.




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